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La prévention
La prévention vise, d'une part, à augmenter la résistance des peuplements face aux épidémies et, d'autre part, à réduire progressivement l'envergure des perturbations et leur impact, en réunissant des conditions sinon défavorables à l'émergence des épidémies, du moins susceptibles d'en atténuer les effets. La stratégie de prévention repose sur des principes écologiques, dont le respect de la dynamique naturelle des peuplements et l'adaptation des travaux aux caractéristiques des stations forestières.


Les gestionnaires forestiers doivent tenir compte de ces principes lorsqu'ils planifient les travaux sylvicoles. Ils peuvent avoir recours à l'expertise des spécialistes du Ministère et de la SOPFIM, analyser les données disponibles et puiser dans leur propre connaissance du territoire pour repérer les peuplements vulnérables et signaler ceux qui doivent faire l'objet d'une protection particulière. Cet exercice leur permet de récolter en priorité les peuplements qui courent le plus de risques, comme les sapinières parvenues à maturité, et d'effectuer les travaux sylvicoles requis pour augmenter la résistance des autres peuplements face à une éventuelle épidémie. De plus, s'ils doivent faire du reboisement, ils sont en mesure de choisir des espèces bien adaptées aux sites en cause.


La détection
La détection revêt une importance cruciale, car plus elle est hâtive, plus le nombre de tactiques d'intervention adéquates est grand, et plus les dommages peuvent être réduits.


Le Québec a établi un vaste réseau de 1 200 stations permanentes d'observation réparties à travers la province et qui permet de surveiller en priorité les peuplements les plus vulnérables dans les endroits où les épidémies sont les plus récurrentes. Une équipe de techniciens du Ministère y recueille des données qui servent à mesurer les populations d'insectes, leurs fluctuations, ainsi que les dégâts qu'ils causent. Si les techniciens observent une prolifération d'insectes ou des signes de maladie, ils effectuent un relevé intensif dans les secteurs en cause, afin de cerner l'ampleur du problème.
 
Au besoin, ils effectuent des vols de reconnaissance, à bord d'un avion ou d'un hélicoptère pour évaluer l'envergure et la gravité des dégâts. Si le responsable est un ravageur important, comme la tordeuse des bourgeons de l'épinette ou l'arpenteuse de la pruche, on fait périodiquement appel à l'imagerie satellitaire pour compléter l'évaluation des dommages.


Des pièges à phéromones installés dans des stations choisies avec soin permettent de détecter des populations larvaires à des niveaux très faibles. Les spécialistes sont ainsi en mesure de prévoir les infestations trois ou quatre ans plus tôt qu'avec les techniques d'inventaire classiques. Enfin, grâce aux données fournies par certaines stations météorologiques, on construit des modèles mathématiques qui permettent d'évaluer, à une journée près, le stade de développement atteint par certains insectes cibles. Cette information est particulièrement importante lorsqu'on doit mettre un programme de lutte en branle.


Sans avoir à ratisser systématiquement tout le territoire québécois, les spécialistes du Ministère et de la SOPFIM, en collaboration avec les gestionnaires forestiers concernés, sont en mesure de détecter les problèmes entomologiques ou pathologiques assez tôt pour élaborer des plans d'intervention adéquats et les mettre en œuvre à point nommé.


La lutte
Même si le Québec privilégie une sylviculture préventive pour minimiser les pertes attribuables aux insectes et aux maladies, la lutte directe s'avère parfois indispensable. Cette intervention de lutte se fait alors avec des produits éprouvés qui n'ont que peu d'impacts sur l'environnement. (…)

 

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